Des yachts de luxe dans le port de Cannes, le 22 mai 2025 ( AFP / Valery HACHE )
Les personnes les plus privilégiées sur la planète ont un poids "considérable" sur la destruction de la nature, montre une étude scientifique publiée jeudi, l'ayant évalué à plusieurs milliers de milliards de dollars par an.
"L'impact environnemental total des 10% (des plus gros consommateurs dans le monde) est considérable", relève cette étude publiée dans la revue Communications Sustainability.
Selon leurs mesures, basées sur d'autres travaux de recherches, les dégâts causés par les comportements de consommation, dont font partie par exemple des déplacements fréquents en avion et des voitures très émettrices, équivalent à une fourchette entre 1.700 et 5.700 milliards de dollars par an.
Par personne, cela représente entre 2.300 et 7.500 dollars par an.
La perte de biodiversité représente entre 47% et 56% du coût total évalué par ces chercheurs, suivie par le changement climatique, avec une part comprise entre 36% et 45%, précise l'étude, ajoutant que les coûts environnementaux varient considérablement d'un pays à l'autre.
A titre de comparaison, les montants évoqués dans cette étude dépassent largement les déficits de financement internationaux en matière de climat et de biodiversité, relèvent les auteurs.
Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs, à la fois scientifiques et économistes, se sont basés sur des études existantes sur les comportements de consommation, et ont aussi utilisé des méthodologies existantes, en particulier l'Environmental Prices Handbook publié par l'institut de recherche néerlandais CE Delft, pour fixer une valeur monétaire au coût des dégradations de la nature.
Selon les auteurs, des taxes sur le principe du pollueur-payeur pourraient contribuer à orienter les consommateurs vers des modes de consommation plus durables, tout en compensant les ménages à faibles revenus.
Mais cela ne signifie pas pour autant que la fiscalité ou d'autres mesures financières constituent "la seule, ni même la meilleure politique".
"La fiscalité est une option, mais d'autres mesures peuvent également s'avérer efficaces, notamment en matière de réglementation ou de restriction", selon Inge Schrijver, chercheuse à l'Université Leiden (Pays-Bas), et l'une des auteurs du rapport, interrogée par l'AFP.

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